UN BILAN TRES DISCUTABLE

 

Dans une brochure d’une vingtaine de pages récemment distribuée dans les boites aux lettres des vincennoises et des vincennois la majorité municipale sortante et candidate à sa réélection dresse un bilan pour le moins très contestable de son action au service de notre Ville.

En effet notre association qui relève depuis maintenant plusieurs années les observations, critiques et doléances des vincennoises et vincennois est particulièrement bien placée pour apprécier la nature exacte du bilan ainsi dressé. S’il est incontestable qu’un certain nombre d’actions positives ont été menées il est, en revanche impossible de retenir sans réagir un certain nombre d’affirmations.

D’abord il faut rectifier un très gros mensonge selon lequel 66% des vincennois auraient soutenu le projet porté par la liste municipale. En effet compte tenu d’un taux d’abstention de 43.66 % en mars 2014 la municipalité sortante n’a été réélue, au demeurant régulièrement qu’avec 36.42 % des électeurs inscrits soit environ un tiers des électeurs. On est bien loin d’un soutien massif. Par ailleurs voter n’est pas donner un blanc- seing ou un chèque en blanc comme en témoignent certaines réactions d’électeurs après les travaux sur le cours Marigny qui ont estimés avoir été trompés et l’ont clairement exprimé sur Vincennes.fr. On ne peut pas, même en campagne électorale mentir aussi grossièrement aux électeurs vincennois.

Ensuite il est affirmé en préambule « que nous avons été à votre écoute afin que vous puissiez participer aux décisions qui vous concernent ». Or précisément sur ce point de très nombreux vincennois considèrent qu’au contraire de très nombreuses actions à commencer par le très contestable et très coûteux Projet de ville ont été menées sans la moindre concertation avec les habitants. Prenons un certain nombre d’exemples.

Dans le cadre du Projet de Ville des pavés ont été posés avenue du Château en remplacement de l’enrobé existant préalablement. La pose de ces pavés a immédiatement entrainé des nuisances sonores importantes et même des désordres dans certains bâtiments, désordres attestés par un rapport de l’Apave. Pourtant malgré les protestations des riverains, la pose de pavés s’est poursuivie dans d’autres voies et notamment cours Marigny en contradiction d’ailleurs avec le premier projet présenté aux habitants, en l’absence de toute concertation, en réunion de quartier le 18 mai 2016 et malgré les mises en garde de notre association. Aujourd’hui les riverains du cours se plaignent régulièrement de ces nuisances sonores. Alors la Mairie a-t-elle été « à l’écoute des vincennois » comme elle le soutient ? Evidemment non.

Sur de nombreux autres sujets les vincennois n’ont été ni entendus ni écoutés contrairement à ce qui est affirmé en introduction. L’abattage de très nombreux arbres en est un autre exemple. Ainsi 117 arbres de haute tige ont été arrachés sur le cours Marigny et la rue Condé sur Noireau. Ces arbres n’ont pas été remplacés en totalité. Il manque plus d’une trentaine d’arbres de haute tige par rapport à la situation précédente et les Lagerstromia Indica replantés sur la partie centrale ne grandiront jamais et ne peuvent prétendre remplacer par leur taille et leur volume ceux qui ont été inutilement arrachés. A titre d’exemple entre le début du cours Marigny et la rue d’Idalie il y avait 10 arbres sur le plan de l’ONF. Seuls 4 ont été replantés. De même les arbres remarquables du square du monuments aux morts sont morts ou en train dépérir. Notre association est intervenue dès l’origine et n’a pas été entendue

Plusieurs membres de notre association ayant insisté pour rencontrer M. Pena, l’architecte-paysagiste, nous avons pu finalement obtenir de le voir le 5 octobre 2016. Avant même que notre échange ne débute M. Lebeau adjoint au maire nous a indiqué que de toute façon tout avait été décidé et qu’il n’était pas possible d’apporter la moindre modification au projet initial !! Aucun vincennois ou riverains n’a été tenu informé ou consulté soit par la Mairie soit par M. Pena. De nombreux riverains et vincennois se sont d’ailleurs plaints de ce manque de concertation sur le site Vincennes.fr avant que cette possibilité de s’exprimer ne leur soit opportunément retirée !! La Mairie a-t-elle été à l’écoute des vincennois. Evidemment non. Il est donc inexact d’indiquer (page 15 de la brochure) que les « habitants ont été consultés sur les grands projets et les aménagements ». Ils ont seulement été tenus informés notamment lors des réunions de quartiers des décisions prises sans eux !!

Lors d’une réunion le 5 février 2019 portant sur l’élargissement des trottoirs avenue de Paris avec la suppression d’arbres (constatée après coup), de nombreux riverains se sont à nouveau vigoureusement plaints du manque de concertation : « On dirait que pour vous, c’est acté » (Cf Le Parisien du 7 février 2019)

Alors la municipalité est-elle vraiment à l’écoute des vincennois comme elle le prétend dans cette volumineuse brochure à vocation électorale ? Il est permis d’en douter. A titre d’exemple le seul espace de libre expression sur Vincennes.fr a été rapidement clos après que de nombreuses critiques aient été formulées sur le résultat de la rénovation du cours Marigny. Notre association a d’ailleurs, par précaution archivé la longue liste des commentaires ainsi publiés. Y a-t-il actuellement un espace à Vincennes ou il soit possible de se plaindre ou de formuler des critiques ?

Ils sont tous soigneusement contrôlés et toute parole dissidente est soigneusement reprise par des internautes manipulés ou fantômes. En 2017 et 2018 un nouveau support local gratuit Vincennes Actualités est apparu avec une liberté d’expression toute nouvelle. Son dirigeant s’est vu convoqué et rappelé à l’ordre par la Mairie. Il s’en est expliqué dans le n° 8 du 16-22 janvier 2018 dans un article intitulé « Vincennes Actualités un journal qui dérange ». Il a rapporté avoir eu « le sentiment d’être sur le banc des accusés, passé à la question par un procureur et ses assesseurs ». On l’a longuement interrogé sur « sa ligne éditoriale » et vivement recommandé « de ne pas franchir de ligne rouge ». Il est vrai qu’il avait eu le tort de poser des questions dérangeantes sur la diffusion du journal municipal et son mode de financement !!!!!  Cet incident  comme la fermeture subite du canal de libre expression de vincennes.fr est très révélateur de la façon dont la municipalité actuelle entend contrôler la liberté d’expression des vincennois. C’est donc avec ce filtre qu’il faut examiner les déclarations de bonnes intentions présentes dans la plupart des pages du document déposé dans nos boîtes aux lettres. Il est alors plutôt difficile de prendre pour argent comptant les déclarations de la mairie qui prétend être à l’écoute des vincennois mais tente de contrôler toute parole un peu dissidente ou simplement un peu différente du discours officiel.

Peut-on par exemple affirmer sans rougir que « l’on a veillé à la végétalisation dans tous les quartiers » (page 7 de la brochure). Il ne suffit pas de verdir une brochure destinée à la campagne électorale ni d’y faire figurer des arbres pour se prétendre soucieux de l’environnement.

Vincennes s’est progressivement minéralisée sans qu’il soit nécessaire de revenir sur l’épisode des arbres du cours Marigny ou sur l’état du square du monument aux morts et bien loin de « donner plus d’espace au végétal » a au contraire accru les revêtements de sol imperméables aux eaux de pluies et par ailleurs dangereusement glissants, la pose de bordures en ciment jusqu’au pied des arbres entraînant systématiquement leur dépérissement programmé. La mise en pots de quelques arbustes, l’installation de brumisateurs-gadgets, la présence de quelques pelouses desséchées l’été et boueuses en hiver, la multiplication des ilots de chaleur ne peuvent remplacer une véritable politique verte. Alors non on ne peut pas prétendre que « l’on a donné plus de place au végétal à Vincennes ».

Nous pouvons même nous interroger s’il n’y a pas une volonté «anti- arbres» à Vincennes. Car comment expliquer l’arrachage systématique des grands arbres et la plantation de petits arbustes qui ont dû être changés plusieurs fois depuis la création du nouveau Cours Marigny. L’été, on nous répond que c’est à cause de la chaleur (malgré les brumisateurs) et l’hiver ? Comment peut-on planter des thuyas qui meurent à chaque saison ? Mais regardons l’état du Cours ? Seules les herbes de la Pampa résistent. L’entretien de ce Cours est lui-même un désastre et sans doute très coûteux pour les finances municipales.

Quant à la place Sémard, elle est devenue une esplanade en pleine chaleur sur laquelle on préfère faire des expositions de photos d’arbres plutôt que d’en planter. La végétalisation, comme le mur végétalisé qui tombe en lambeau près de la libraire MillePages, ce n’est pas la nature. Et lors de réalisation de travaux, la mairie ne se donne pas même la peine de protéger les arbres existants, les tractopelles sont directement accolées aux arbres, qui souffrent et meurent. Alors il est assez risible de prétendre  se soucier du climat grâce à la pose d’un hôtel à insectes !

Est-il également raisonnable de soutenir avoir engagé « la lutte » contre les nuisances sonores (Page 8 de la brochure) alors que la pose de pavés dans de nombreuses voies à contribuer à augmenter ces nuisances comme l’atteste d’ailleurs la cartographie des zones bruyantes établie par Bruitparif qui montre au contraire une grande dégradation dans tout le centre historique de Vincennes. Notre association n’a jamais été « écoutée » sur ce sujet.

Les vincennois n’ont pas davantage été « écoutés » lorsque de nombreuses interventions ont tenté de préserver les lanternes et lampadaires traditionnels. Malgré de nombreuses lettres et une pétition à laquelle il n’a jamais été répondu d’affreux supports d’éclairage modernes de type autoroutier ont remplacées les lanternes traditionnelles alors que de nombreuses communes voisines ont, par contre réussi à préserver les leurs et à les équiper de LED . Le fournisseur nous avait d’ailleurs clairement précisé qu’il était possible de les conserver, de les équiper ou de les remplacer à l’identique. Le cours Marigny qui bénéficiait le soir d’un éclairage magique avec des dégradés de lumières sur les façades qui lui donnait un remarquable aspect de théâtre baroque est ainsi devenu le soir un grand trou noir tandis qu’effectivement l’hotel de ville bénéficiait d’une « mise en lumière monumentale » !!

Cette brochure mentionne également (page12) « une ville sportive grâce à des équipements de qualité » mais se garde bien d’évoquer la situation de la piscine dont l’exploitation a été concédée au secteur privé, qui est trop souvent fermée (85 fermetures en 2018) et dont la gestion par ailleurs très opaque a fait l’objet d’ailleurs d’interventions d’élus municipaux : fermetures récurrentes, équipements souvent en panne, qualité de l’eau insuffisante, accueil particulièrement médiocre, malfaçons etc. Combien cela coûte-t-il à notre ville supposée avoir « une gestion rigoureuse » (page 19).

Que dire devant les affirmations consternantes de la municipalité sur le logement social (page 13) concédé d’ailleurs lui aussi en partie au secteur privé alors que de nombreux désordres et troubles de jouissance se sont produits dans certains logements sociaux depuis 2 ans durant lesquels les occupants ont subi nuisances après nuisances. Incidents rapportés par 2 articles du Parisien parus en décembre 2019.

Cela témoigne-t-il d’un souci « d’être attentifs à toutes et à tous » (Page 13) ?

Si nous poursuivons sur le thème du social, comment oser prétendre que Vincennes mène une politique pour le handicap ? Que des gadgets proposés, rien de concret, aucun transport adapté, Vilcena est morte d’absence de soutien et/ou de subventions. Quand on pose la question de navettes Est / Ouest, il nous est répondu que ce n’est pas un sujet. Mais que fait donc la mairie pour le transport des personnes âgées et handicapées ? Des thés dansants ? Pas d’escalator ni d’ascenseur négociés à la gare RER de Vincennes alors que l’on avait osé promettre que cette gare serait plus accessible ?? Comment oser écrire que les feux tricolores ont été équipés de sonneries pour prévenir les personnes déficientes visuelles ? Il n’y a aucun feu équipé de la sorte à Vincennes. Et pourquoi ne donne-t-on pas travail aux Esat environnants ? Rien. Pourtant tous les nombreux tracts et éditoriaux, pourraient être confiés aux Esat des villes environnantes qui, elles ont fait le choix d’avoir des Esat.

Quant à la sécurité, parlons-en : des trottoirs terriblement glissants, nombre de vincennois sont tombés ; pourtant la mairie s’obstine à recouvrir les nouveaux trottoirs de l’avenue de Paris après tous ceux du centre-ville de ces pavés dangereux, qu’il a fallu déjà retraiter pour tenter de les rendre un peu moins glissants. Tout cela à nos frais bien sûr.

Ce document d’autosatisfaction ne mentionne pas non plus les situations très pénibles causées par la mise en emplacements réservés de dizaines de pavillons, de leurs jardins et de commerces privant leurs propriétaires d’en jouir paisiblement et provoquant drames et dépressions. Les vincennois en ont-ils été informés ?

L’opacité semble être aussi un aspect caractérisant la gestion de notre ville. Lorsque notre association   a voulu rencontrer les agents de l’ONF ayant établi un diagnostic sur les arbres, diagnostic pourtant payé sur les fonds municipaux cette demande a été refusé. Qu’y avait-t-il donc à cacher ? Des élus se sont interrogé sur la gestion de la piscine et son coût pour la ville. Ont-ils reçu des réponses ? Combien coûtent l’entretien du Cours, le nettoyage des revêtements glissants et souvent sales ?

En conclusion de l’analyse de cette volumineuse brochure à vocation électoraliste on ne voudrait pas lasser trop longuement nos lecteurs en énumérant les sujets ou les situations qui donnent de la gestion municipale une vision bien différente que celle idyllique qui nous est proposée. En période électorale tous les artifices du marketing politique, toutes les ficelles même les plus grossières sont utilisés. Mais est-ce toujours compatible avec notre conception de la démocratie locale ? Il est permis de poser la question. Mais il suffit de rappeler l’analyse faite en janvier 2013 par des journalistes de l’Express du mode de gestion constatée à Vincennes « un système autoritaire ou les décisions se prennent dans l’intimité d’un petit cercle d’où rien ne filtre » et « un conseil municipal réduit à une simple chambre d ’enregistrement ».

https://www.doyoubuzz.com/var/f/Ce/bQ/CebQ4cUWTAyIGalJ_MSBP31mZ-Rro0unjK6kDiOFv89XgphY2H.pdf

Nous en conseillons vivement la lecture.

C’est à la lumière de cette analyse impartiale faite par des journalistes, à la lumière aussi des nombreuses insuffisances constatées sur le terrain et soigneusement passées sous silence dans ce bilan, à l’expérience des acteurs du secteur associatif, des membres des collectifs et groupes de résidents qui connaissent malheureusement dans de nombreux quartiers de Vincennes l’envers du décor au cours de ces dernières années qu’il convient de lire le document qui a été communiqué aux électeurs vincennois.

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